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بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Sourate Al-Fatiha (الفَاتِحَة) — « L’Ouverture » — est la première sourate du Coran et la plus récitée par chaque musulman dans le monde. Composée de seulement 7 versets, elle est pourtant décrite par le Prophète ﷺ comme la plus sublime sourate du Coran. Aucune prière (Salat) n’est valide sans sa récitation, et les savants la considèrent comme un résumé de l’ensemble du message coranique. Le Prophète ﷺ a dit : « [La sourate commençant par] « Louange à Allah, Seigneur des mondes » est les sept versets répétés et le Coran sublime qui m’a été donné. » (Rapporté par Al-Bukhari n°4474, d’après Abu Sa’id ibn al-Mu’alla — qu’Allah l’agrée).
Que vous soyez musulman cherchant à approfondir votre compréhension de cette sourate que vous récitez chaque jour, nouveau converti souhaitant en saisir le sens, ou simplement curieux de découvrir la sourate la plus importante du Coran, ce guide vous offre une explication complète verset par verset, avec les preuves authentiques du Coran et de la Sunna. Pour apprendre comment intégrer Al-Fatiha dans votre prière, consultez notre guide complet sur la Salat.
وَلَقَدْ آتَيْنَاكَ سَبْعًا مِّنَ الْمَثَانِي وَالْقُرْآنَ الْعَظِيمَ
« Nous t’avons certes donné les sept versets que l’on répète, ainsi que le Coran sublime. »
— Sourate Al-Hijr (15:87)
📋 Table des matières
- Présentation de Sourate Al-Fatiha
- Les noms de Sourate Al-Fatiha
- Texte arabe, translittération et traduction
- Explication verset par verset
- Les mérites de Sourate Al-Fatiha
- Al-Fatiha dans la prière
- Al-Fatiha comme guérison (Ruqya)
- Les enseignements tirés d’Al-Fatiha
- Questions fréquentes (FAQ)
- Sources et références
1. Présentation de Sourate Al-Fatiha
Sourate Al-Fatiha est la première sourate dans l’ordre du Mushaf (le Coran écrit) et la première sourate complète à avoir été révélée au Prophète Muhammad ﷺ. Elle a été révélée à La Mecque (sourate mecquoise) et se compose de 7 versets, 29 mots et 143 lettres. Elle fait partie du premier Juz’ (section) du Coran.
Allah a mentionné cette sourate de manière unique dans le Coran en la désignant par « les sept versets que l’on répète » : « Nous t’avons certes donné les sept versets que l’on répète, ainsi que le Coran sublime. » (Sourate Al-Hijr, 15:87). Le fait qu’Allah mentionne Al-Fatiha aux côtés du « Coran sublime » montre son rang exceptionnel — elle est mise au même niveau que l’ensemble du Coran.
Le Prophète ﷺ a dit à Abu Sa’id ibn al-Mu’alla : « Ne t’enseignerai-je pas la plus sublime sourate du Coran avant que tu sortes de la mosquée ? » Puis il lui dit : « C’est « Louange à Allah, Seigneur des mondes ». Elle est les sept versets répétés et le Coran sublime qui m’a été donné. » (Rapporté par Al-Bukhari n°4474).
2. Les noms de Sourate Al-Fatiha
Le fait qu’une chose possède de nombreux noms indique sa valeur et son importance. Sourate Al-Fatiha est connue sous plusieurs noms, chacun reflétant l’un de ses aspects :
Al-Fatiha (الفَاتِحَة) — « L’Ouverture » : Car elle ouvre le Coran et la récitation dans la prière.
Umm al-Qur’an (أُمُّ القُرْآن) — « La Mère du Coran » : Car elle contient, de manière condensée, tous les thèmes développés dans le reste du Coran : l’unicité d’Allah, l’adoration, le Jour du Jugement, la guidance et l’invocation. Le Prophète ﷺ a dit : « [La sourate commençant par] « Louange à Allah, Seigneur des mondes » est la Mère du Coran, la Mère du Livre, les sept versets répétés et le Coran sublime. » (Rapporté par At-Tirmidhi n°3124, authentifié par Al-Albani).
Umm al-Kitab (أُمُّ الكِتَاب) — « La Mère du Livre » : Pour la même raison que ci-dessus.
As-Sab’ al-Mathani (السَّبْعُ المَثَانِي) — « Les sept versets répétés » : Car elle est composée de sept versets qui sont répétés à chaque unité de prière (rak’ah), comme mentionné dans le verset 15:87.
As-Salat (الصَّلَاة) — « La Prière » : Car dans le hadith Qudsi, Allah dit : « J’ai divisé la prière entre Moi et Mon serviteur en deux parties. » (Rapporté par Muslim n°395, d’après Abu Hurayra). C’est Al-Fatiha qui est désignée ici par « la prière ».
Ar-Ruqya (الرُّقْيَة) — « La guérison / La lecture protectrice » : Car elle est utilisée comme remède contre les maladies et les maux, comme établi dans la Sunna.
Al-Hamd (الحَمْد) — « La Louange » : Car elle débute par la louange d’Allah.
3. Texte arabe, translittération et traduction
بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ ﴿١﴾
Bismi-llāhi-r-raḥmāni-r-raḥīm
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
الْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ ﴿٢﴾
Al-ḥamdu li-llāhi rabbi-l-‘ālamīn
Louange à Allah, Seigneur des mondes.
الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ ﴿٣﴾
Ar-raḥmāni-r-raḥīm
Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
مَالِكِ يَوْمِ الدِّينِ ﴿٤﴾
Māliki yawmi-d-dīn
Maître du Jour de la rétribution.
إِيَّاكَ نَعْبُدُ وَإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ ﴿٥﴾
Iyyāka na’budu wa iyyāka nasta’īn
C’est Toi [seul] que nous adorons, et c’est Toi [seul] dont nous implorons le secours.
اهْدِنَا الصِّرَاطَ الْمُسْتَقِيمَ ﴿٦﴾
Ihdinā-ṣ-ṣirāṭa-l-mustaqīm
Guide-nous dans le droit chemin.
صِرَاطَ الَّذِينَ أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ غَيْرِ الْمَغْضُوبِ عَلَيْهِمْ وَلَا الضَّالِّينَ ﴿٧﴾
Ṣirāṭa-lladhīna an’amta ‘alayhim ghayri-l-maghḍūbi ‘alayhim wa lā-ḍ-ḍāllīn
Le chemin de ceux que Tu as comblés de bienfaits, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.
4. Explication verset par verset
Cette explication est basée sur le célèbre hadith Qudsi dans lequel Allah décrit le dialogue qui a lieu entre Lui et Son serviteur lors de la récitation d’Al-Fatiha. Le Prophète ﷺ a dit : « Allah a dit : J’ai divisé la prière (Al-Fatiha) entre Moi et Mon serviteur en deux parties, et Mon serviteur aura ce qu’il a demandé. » (Rapporté par Muslim n°395, d’après Abu Hurayra — qu’Allah l’agrée). Puis le Prophète ﷺ a détaillé cette division verset par verset.
Verset 1 : « Bismi-llāhi-r-raḥmāni-r-raḥīm »
« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. »
Ce verset est la Basmala — la formule par laquelle le musulman commence chaque acte important. En le prononçant, le serviteur invoque le nom d’Allah et reconnaît que toute action digne d’être entreprise commence par Lui et par Sa bénédiction. Deux noms d’Allah liés à Sa miséricorde sont mentionnés : Ar-Rahman (le Tout Miséricordieux — une miséricorde vaste et englobante pour toutes les créatures) et Ar-Rahim (le Très Miséricordieux — une miséricorde spécifique pour les croyants dans l’au-delà).
Note : Les savants divergent sur le fait que la Basmala soit un verset d’Al-Fatiha ou non. L’école shafi’ite la considère comme le premier verset d’Al-Fatiha, tandis que l’école hanafite et l’école malikite ne la comptent pas comme un verset de la sourate mais comme un verset indépendant du Coran placé en tête de chaque sourate (sauf At-Tawbah). Les deux avis sont valides et soutenus par des preuves.
Verset 2 : « Al-ḥamdu li-llāhi rabbi-l-‘ālamīn »
« Louange à Allah, Seigneur des mondes. »
Dans le hadith Qudsi, le Prophète ﷺ rapporte : « Quand le serviteur dit : « Louange à Allah, Seigneur des mondes », Allah dit : Mon serviteur a fait Ma louange. » (Muslim n°395). Ce verset contient deux concepts fondamentaux : Al-Hamd (la louange complète qui inclut la gratitude et la reconnaissance de la perfection d’Allah) et Rabb al-‘Alamin (Seigneur de tous les mondes — les humains, les djinns, les anges, les animaux et tout ce qui existe). Le mot « Rabb » signifie à la fois le Créateur, le Pourvoyeur, l’Éducateur et Celui qui gère les affaires de toute la création.
Verset 3 : « Ar-raḥmāni-r-raḥīm »
« Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. »
« Quand le serviteur dit : « Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux », Allah dit : Mon serviteur a fait Mon éloge. » (Muslim n°395). Ce verset réaffirme la miséricorde d’Allah après avoir mentionné Sa seigneurie — pour que le serviteur ne soit pas effrayé par la grandeur d’Allah mais qu’il sache que ce Seigneur tout-puissant est aussi infiniment miséricordieux. Le Prophète ﷺ a dit : « Allah a cent miséricordes. Il en a fait descendre une seule parmi les djinns, les humains, les animaux et les insectes. C’est par elle qu’ils se montrent compatissants et miséricordieux les uns envers les autres. Et Allah a retenu auprès de Lui quatre-vingt-dix-neuf miséricordes par lesquelles Il fera miséricorde à Ses serviteurs le Jour de la Résurrection. » (Rapporté par Muslim n°2752, d’après Abu Hurayra).
Verset 4 : « Māliki yawmi-d-dīn »
« Maître du Jour de la rétribution. »
« Quand le serviteur dit : « Maître du Jour de la rétribution », Allah dit : Mon serviteur M’a glorifié. » (Muslim n°395). Ce verset rappelle au croyant le Jour du Jugement — le jour où chaque être humain sera rétribué pour ses actes, où aucune âme ne pourra intercéder pour une autre sans la permission d’Allah, et où la royauté appartiendra exclusivement à Allah. Le mot « Yawm ad-Din » (le Jour de la rétribution) rappelle que chaque acte a une conséquence — le bien sera récompensé et le mal sera sanctionné.
Les trois premiers versets sont la part d’Allah dans cette sourate — ils concernent Sa louange, Son éloge et Sa glorification.
Verset 5 : « Iyyāka na’budu wa iyyāka nasta’īn »
« C’est Toi [seul] que nous adorons, et c’est Toi [seul] dont nous implorons le secours. »
« Allah dit : Ceci est entre Moi et Mon serviteur, et Mon serviteur aura ce qu’il a demandé. » (Muslim n°395). Ce verset est le pivot central d’Al-Fatiha — il est partagé entre Allah et Son serviteur. La première partie (« C’est Toi seul que nous adorons ») est la déclaration du Tawhid — le monothéisme pur — en affirmant que toute adoration est vouée exclusivement à Allah. La seconde partie (« C’est Toi seul dont nous implorons le secours ») est la reconnaissance que le serviteur est incapable de quoi que ce soit sans l’aide d’Allah. Ibn al-Qayyim (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit que l’ensemble de la religion est contenu dans ce seul verset : l’adoration exclusive d’Allah et la recherche de Son aide en toute chose.
Verset 6 : « Ihdinā-ṣ-ṣirāṭa-l-mustaqīm »
« Guide-nous dans le droit chemin. »
« Allah dit : Ceci est pour Mon serviteur, et Mon serviteur aura ce qu’il a demandé. » (Muslim n°395). C’est l’invocation la plus importante que le musulman puisse faire — demander à Allah de le guider sur le chemin droit. Le Prophète ﷺ invoquait régulièrement Allah pour la guidée. Le « chemin droit » (As-Sirat al-Mustaqim) est le chemin de l’Islam — la voie de la soumission à Allah, du suivi du Prophète ﷺ, de l’application du Coran et de la Sunna. Le musulman récite cette invocation au minimum 17 fois par jour (dans les 5 prières obligatoires), ce qui montre que la guidée est un besoin permanent et non un acquis définitif.
Verset 7 : « Ṣirāṭa-lladhīna an’amta ‘alayhim… »
« Le chemin de ceux que Tu as comblés de bienfaits, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés. »
Ce dernier verset précise le chemin droit demandé au verset précédent en le définissant par deux choses : ceux dont on veut suivre le chemin et ceux dont on veut s’écarter. « Ceux que Tu as comblés de bienfaits » sont décrits dans un autre verset du Coran : « Quiconque obéit à Allah et au Messager, ceux-là seront avec ceux qu’Allah a comblés de Ses bienfaits : les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux. » (Sourate An-Nisa’, 4:69). « Ceux qui ont encouru Ta colère » sont ceux qui connaissent la vérité mais ne la suivent pas. « Les égarés » sont ceux qui adorent Allah dans l’ignorance, sans science ni guidée.
Après la récitation du dernier verset, le fidèle dit « Amin » (آمين), qui signifie « Ô Allah, exauce ». Le Prophète ﷺ a dit : « Quand l’imam dit « Amin », dites « Amin », car celui dont le « Amin » coïncide avec celui des anges verra ses péchés passés pardonnés. » (Rapporté par Al-Bukhari n°6402 et Muslim n°410).
5. Les mérites de Sourate Al-Fatiha
La plus sublime sourate du Coran
Le Prophète ﷺ a dit : « [La sourate commençant par] « Louange à Allah, Seigneur des mondes » est les sept versets répétés et le Coran sublime qui m’a été donné. » (Rapporté par Al-Bukhari n°4474). Dans un autre hadith, le Prophète ﷺ a affirmé : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, Allah n’a jamais révélé, ni dans la Torah, ni dans l’Évangile, ni dans les Psaumes, ni même dans le Coran, une sourate semblable à celle-ci. » (Rapporté par At-Tirmidhi n°3125, authentifié par Al-Albani).
Deux lumières uniques
Ibn ‘Abbas (qu’Allah les agrée, lui et son père) rapporte : « Pendant que Jibril (l’Ange Gabriel) était assis en compagnie du Prophète ﷺ, il entendit un bruit au-dessus de lui. Il leva son regard vers le ciel et dit : « Voici une porte du ciel qui a été ouverte aujourd’hui et qui n’avait jamais été ouverte avant ce jour. » Puis un Ange en descendit. Jibril dit : « Voilà un Ange qui vient de descendre sur terre ; il n’y est jamais descendu avant ce jour. » L’Ange salua et dit au Prophète ﷺ : « Réjouis-toi, car tu as reçu deux lumières qu’aucun prophète avant toi n’avait reçues : Al-Fatiha et les derniers versets de Sourate Al-Baqarah. Tu ne récites pas une seule lettre de l’une d’elles sans être exaucé. » » (Rapporté par Muslim n°806).
Un dialogue avec Allah
Comme détaillé dans l’explication verset par verset, la récitation d’Al-Fatiha est un véritable dialogue entre le serviteur et son Seigneur. À chaque verset que le serviteur prononce, Allah lui répond directement. Ce mérite est unique à cette sourate — aucune autre sourate du Coran ne bénéficie de cette distinction. (Rapporté par Muslim n°395).
6. Al-Fatiha dans la prière
La récitation d’Al-Fatiha est un pilier (rukn) de la prière — sans elle, la prière n’est pas valide. Le Prophète ﷺ a dit : « La prière de celui qui ne récite pas la Mère du Livre (Umm al-Kitab) n’est pas valide. » (Rapporté par Al-Bukhari n°756 et Muslim n°394, d’après ‘Ubadah ibn as-Samit). Dans une autre version, le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque accomplit une prière sans y réciter la Mère du Coran, sa prière est incomplète, incomplète, incomplète et non valide. » (Rapporté par Muslim n°395).
Al-Fatiha doit être récitée dans chaque rak’ah (unité de prière), que ce soit la prière obligatoire ou surérogatoire, que l’on prie seul ou en groupe. Avec 5 prières quotidiennes comportant un total de 17 rak’at obligatoires, le musulman récite Al-Fatiha au minimum 17 fois par jour.
Note : Les savants divergent sur la récitation d’Al-Fatiha par celui qui prie derrière l’imam. L’école shafi’ite et l’école hanbalite considèrent que le suiveur doit réciter Al-Fatiha même derrière l’imam. L’école hanafite considère que le suiveur ne récite pas Al-Fatiha quand l’imam récite à voix haute. L’école malikite a un avis similaire à l’école hanafite. Les deux positions sont soutenues par des preuves authentiques.
7. Al-Fatiha comme guérison (Ruqya)
Al-Fatiha est aussi connue sous le nom d’Ar-Ruqya (la lecture protectrice et guérisseuse). Le Prophète ﷺ a confirmé son utilisation comme remède dans un hadith authentique :
Abu Sa’id al-Khudri (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un groupe de Compagnons du Prophète ﷺ voyagèrent et s’arrêtèrent auprès d’une tribu arabe à qui ils demandèrent l’hospitalité, mais celle-ci refusa de les héberger. Le chef de cette tribu fut piqué (par un scorpion ou un serpent) et les gens de la tribu essayèrent tout pour le guérir, sans succès. Ils vinrent alors demander aux Compagnons s’ils avaient un remède. L’un des Compagnons récita Sourate Al-Fatiha sur le chef malade, et celui-ci fut guéri comme s’il avait été délivré d’une entrave. De retour chez le Prophète ﷺ, ils lui racontèrent l’événement. Le Prophète ﷺ dit : « Et qu’est-ce qui t’a fait savoir qu’elle est une Ruqya (un remède) ? » — confirmant ainsi son efficacité. (Rapporté par Al-Bukhari n°5736 et Muslim n°2201).
8. Les enseignements tirés d’Al-Fatiha
Le Tawhid (monothéisme) : Al-Fatiha enseigne les trois catégories du Tawhid — la seigneurie d’Allah (Rububiyyah, verset 2), Ses noms et attributs (Asma’ wa Sifat, versets 1 et 3) et l’adoration exclusive (Uluhiyyah, verset 5).
L’équilibre entre l’espoir et la crainte : Les noms de miséricorde (versets 1 et 3) inspirent l’espoir, tandis que le rappel du Jour du Jugement (verset 4) inspire la crainte. Le croyant doit vivre entre ces deux sentiments.
La dépendance totale envers Allah : Le verset 5 enseigne que le serviteur ne peut rien accomplir sans l’aide d’Allah — ni adorer, ni réussir, ni se guider par lui-même.
La guidance est un don renouvelé : Le fait de demander la guidance à chaque rak’ah montre que la guidée n’est pas un acquis permanent — elle doit être demandée constamment, et Allah l’accorde à qui Il veut.
L’importance de la communauté : Al-Fatiha utilise le « nous » pluriel (« nous adorons », « guide-nous »), et non le « je ». Le musulman invoque pour lui-même et pour toute la communauté, même lorsqu’il prie seul.
La science avant l’action : Al-Fatiha mentionne la connaissance d’Allah (versets 1-4) avant la demande de guidée (versets 5-7). Cela enseigne que la connaissance d’Allah doit précéder l’adoration — on ne peut adorer correctement sans connaître Celui qu’on adore.
❓ Questions fréquentes
Questions fréquentes
La Basmala fait-elle partie d'Al-Fatiha ?
Les savants divergent sur ce point. L’école shafi’ite considère que la Basmala est le premier verset d’Al-Fatiha et qu’elle doit être récitée à voix haute dans les prières à voix haute. L’école hanafite et l’école malikite ne la considèrent pas comme un verset de la sourate, mais comme un verset indépendant du Coran. Les deux positions sont soutenues par des preuves. Dans tous les cas, il est recommandé de la réciter avant Al-Fatiha dans la prière.
Combien de fois récite-t-on Al-Fatiha par jour ?
Dans les 5 prières obligatoires, le musulman accomplit 17 rak’at au total (2 Fajr + 4 Dhuhr + 4 ‘Asr + 3 Maghrib + 4 ‘Isha). Al-Fatiha est récitée dans chaque rak’ah, donc au minimum 17 fois par jour. En y ajoutant les prières surérogatoires (Sunnah, Witr, Duha, etc.), ce nombre peut facilement dépasser 30 récitations quotidiennes.
Que faire si je ne connais pas encore Al-Fatiha par coeur ?
Si vous êtes nouveau musulman ou en cours d’apprentissage, faites de votre mieux pour la mémoriser le plus rapidement possible, car la prière n’est pas valide sans elle selon la majorité des savants. En attendant, certains savants permettent de réciter ce que vous connaissez du Coran, ou de dire SubhanAllah, Alhamdulillah et Allahu Akbar en remplacement temporaire, comme indiqué dans un hadith pour celui qui ne peut pas réciter le Coran (Rapporté par Abu Dawud n°856).
Peut-on réciter Al-Fatiha pour un malade ?
Oui, cela est établi dans la Sunna. Le Prophète ﷺ a confirmé qu’Al-Fatiha est une Ruqya (lecture protectrice et guérisseuse) après qu’un Compagnon l’eut récitée sur un chef de tribu malade qui fut guéri (Rapporté par Al-Bukhari n°5736 et Muslim n°2201). On peut la réciter sur un malade, souffler légèrement sur la zone affectée ou sur de l’eau que le malade boira ensuite.
Pourquoi dit-on Amin après Al-Fatiha ?
Amin signifie « Ô Allah, exauce » et se dit après la récitation du dernier verset. Le Prophète ﷺ a encouragé à le dire et a mentionné un mérite spécifique : « Quand l’imam dit Amin, dites Amin, car celui dont le Amin coïncide avec celui des anges verra ses péchés passés pardonnés. » (Rapporté par Al-Bukhari n°6402 et Muslim n°410). Amin n’est pas un verset du Coran mais une invocation recommandée.
Al-Fatiha est-elle un résumé du Coran ?
Oui, les savants la considèrent comme un résumé de l’ensemble du Coran. Elle contient la louange et la glorification d’Allah (thème de nombreuses sourates), le rappel du Jour du Jugement (thème central du Coran), le Tawhid et l’adoration exclusive (fondement de l’Islam), la demande de guidée (objectif de la révélation) et la distinction entre la vérité et l’égarement. C’est pour cela qu’elle est appelée Umm al-Quran — la Mère du Coran.
Sources et références
Coran :
Sourate Al-Fatiha (1:1-7) — La sourate complète
Sourate An-Nisa’ (4:69) — Ceux qu’Allah a comblés de bienfaits (prophètes, véridiques, martyrs, vertueux)
Sourate Al-Hijr (15:87) — « Nous t’avons certes donné les sept versets que l’on répète »
Hadiths :
Sahih Al-Bukhari (n°756) et Muslim (n°394) — La prière est invalide sans la récitation d’Al-Fatiha (d’après ‘Ubadah ibn as-Samit)
Sahih Al-Bukhari (n°4474) — Al-Fatiha est la plus sublime sourate du Coran (d’après Abu Sa’id ibn al-Mu’alla)
Sahih Al-Bukhari (n°5736) et Muslim (n°2201) — Al-Fatiha comme Ruqya / guérison (d’après Abu Sa’id al-Khudri)
Sahih Al-Bukhari (n°6402) et Muslim (n°410) — Le mérite de dire Amin avec les anges
Sahih Muslim (n°395) — Hadith Qudsi : « J’ai divisé la prière entre Moi et Mon serviteur » — dialogue verset par verset (d’après Abu Hurayra)
Sahih Muslim (n°806) — Les deux lumières : Al-Fatiha et les derniers versets d’Al-Baqarah (d’après Ibn ‘Abbas)
Sahih Muslim (n°2752) — Allah a cent miséricordes (d’après Abu Hurayra)
Sunan At-Tirmidhi (n°3124-3125) — Al-Fatiha est la Mère du Coran ; rien de semblable n’a été révélé (authentifié par Al-Albani)
Sunan Abu Dawud (n°856) — Remplacement pour celui qui ne peut réciter le Coran
Références complémentaires :
Ibn Kathir, Tafsir al-Qur’an al-‘Azim — Exégèse de Sourate Al-Fatiha
Ibn al-Qayyim, Madarij as-Salikin — Commentaire approfondi d’Al-Fatiha
An-Nawawi, Sharh Sahih Muslim — Explication du hadith Qudsi sur Al-Fatiha
Cheikh Salih Al-Fawzan, La Sourate Al-Fatiha : ses règles, ses mérites, ses enseignements
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