📖 20 min de lecture
بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
La mort est la seule certitude que partagent tous les êtres humains. Nous savons qu’elle viendra, sans savoir ni quand, ni où, ni comment. Et pourtant, nous passons l’essentiel de notre vie à éviter d’y penser. Puis un jour, elle frappe à la porte d’un proche : un parent, un ami, parfois un enfant. Alors les questions remontent, pressantes : où est-il maintenant ? Que vit-il ? Est-ce qu’il m’entend ? Est-ce que nous nous reverrons ?
L’Islam ne laisse pas ces questions sans réponse. Le Coran et la Sunna décrivent, avec une précision étonnante, les étapes que traverse l’âme après la mort : les derniers instants, la tombe et ses questions, le Barzakh, puis la résurrection et le Jugement. Cet article vous propose de parcourir ces étapes à la lumière des sources authentiques, en signalant clairement ce qui est établi et ce qui l’est moins. Mais il vous propose surtout de les regarder avec les yeux de l’espérance : car pour le croyant, la mort n’est pas une fin, c’est un passage vers la rencontre de son Seigneur. Et si vous traversez vous-même l’épreuve d’un deuil, notre article sur la patience (sabr) en Islam pourra vous accompagner.
كُلُّ نَفْسٍ ذَائِقَةُ الْمَوْتِ ۗ وَإِنَّمَا تُوَفَّوْنَ أُجُورَكُمْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ ۖ فَمَن زُحْزِحَ عَنِ النَّارِ وَأُدْخِلَ الْجَنَّةَ فَقَدْ فَازَ
« Toute âme goûtera la mort. Mais c’est seulement au Jour de la Résurrection que vous recevrez votre entière rétribution. Quiconque donc est écarté du Feu et introduit au Paradis, a certes réussi. »
— Coran, Sourate Al-‘Imran (3:185)
📋 Table des matières
- La mort en Islam : un passage, pas une fin
- Les derniers instants et le départ de l’âme
- La tombe et les trois questions
- Le Barzakh : la vie entre deux mondes
- La résurrection et le Jour du Jugement
- Penser à la mort avec espérance
- Comment se préparer concrètement
- ❓ Questions fréquentes
- Sources et références
1. La mort en Islam : un passage, pas une fin
Dans la vision islamique, l’être humain traverse plusieurs demeures : le ventre de sa mère, la vie d’ici-bas (ad-dunya), la vie intermédiaire de la tombe (al-Barzakh), puis la vie éternelle de l’au-delà (al-Akhira). La mort n’est donc pas un anéantissement : c’est la séparation de l’âme et du corps, et le passage d’une demeure à l’autre.
Le Coran nomme explicitement cette étape intermédiaire. Il décrit l’homme qui, au moment de mourir, supplie qu’on lui accorde un retour pour faire le bien qu’il a négligé :
لَعَلِّي أَعْمَلُ صَالِحًا فِيمَا تَرَكْتُ ۚ كَلَّا ۚ إِنَّهَا كَلِمَةٌ هُوَ قَائِلُهَا ۖ وَمِن وَرَائِهِم بَرْزَخٌ إِلَىٰ يَوْمِ يُبْعَثُونَ
« … afin que je fasse du bien dans ce que je délaissais. » Non, c’est simplement une parole qu’il dit. Derrière eux, cependant, il y a une barrière, jusqu’au jour où ils seront ressuscités. »
— Coran, Sourate Al-Mu’minun (23:100)
Ce que ce verset enseigne concrètement : le mot barzakh, traduit ici par « barrière », désigne cette étape entre la mort et la résurrection. Et le verset contient une leçon d’une grande force : le seul regret exprimé au moment de la mort n’est pas l’argent, ni la carrière, ni les plaisirs manqués — c’est le bien que l’on n’a pas fait. Le temps d’agir, c’est maintenant.
2. Les derniers instants et le départ de l’âme
Le texte le plus détaillé sur ce qui se passe au moment de la mort est un long hadith rapporté par le Compagnon al-Bara’ ibn ‘Azib رضي الله عنه. Alors qu’ils accompagnaient le convoi funèbre d’un homme des Ansar, le Prophète ﷺ s’assit près de la tombe, les Compagnons autour de lui, immobiles et silencieux « comme si des oiseaux s’étaient posés sur leurs têtes ». Il leur décrivit alors ce que vit l’âme au moment de quitter le corps.
Pour le croyant, dit-il en substance, des anges au visage lumineux, « comme le soleil », descendent du ciel avec un linceul et un parfum du Paradis. L’ange de la mort s’assoit près de sa tête et lui dit : « Ô âme bonne, sors vers un pardon d’Allah et un agrément. » L’âme sort alors avec douceur, comme une goutte qui s’écoule de l’embouchure d’une outre. Elle est élevée à travers les cieux, accueillie à chaque étape par les anges qui demandent : « Quelle est cette âme bonne ? », puis elle est ramenée vers la terre pour l’épreuve de la tombe.
📖 Source de ce récit : hadith d’al-Bara’ ibn ‘Azib رضي الله عنه, rapporté dans sa version complète par l’imam Ahmad dans son Musnad (n°18534) et, pour une partie du récit (l’épreuve de la tombe), par Abu Dawud (n°4753). Il a été authentifié par Al-Albani (Sahih al-Jami’ n°1676 ; Sahih Abi Dawud), et de nombreux savants, dont Ibn al-Qayyim dans Ar-Ruh, l’ont retenu comme référence sur ce sujet. Le récit ci-dessus en est un résumé fidèle, non une traduction mot à mot.
La Sunna enseigne aussi comment accompagner celui qui vit ses derniers instants. Le Prophète ﷺ a dit : « Faites dire à vos mourants : Lâ ilâha illa Allâh » (rapporté par Muslim, n°916, d’après Abu Sa’id al-Khudri رضي الله عنه). Il s’agit de rappeler doucement l’attestation de foi au mourant, sans le brusquer, pour qu’elle soit sa dernière parole. Car cette dernière parole a un poids immense :
« Celui dont les dernières paroles sont « Lâ ilâha illa Allâh » entrera au Paradis. »
— Rapporté par Abu Dawud (n°3116), d’après Mu’adh ibn Jabal رضي الله عنه — authentifié par Al-Albani
Ce que ce hadith implique concrètement : on ne choisit pas ses derniers mots au dernier moment. Ils sont le plus souvent le reflet de ce qui a habité le cœur et la langue toute une vie. Celui qui s’habitue au rappel d’Allah (dhikr) dans ses journées ordinaires prépare, sans le savoir, la plus belle des fins.
3. La tombe et les trois questions
La tombe est la première étape de l’au-delà. Le troisième calife, ‘Uthman ibn ‘Affan رضي الله عنه, pleurait devant les tombes au point que sa barbe en était mouillée. Quand on lui demanda pourquoi la tombe l’émouvait davantage que l’évocation du Paradis et de l’Enfer, il répondit en citant le Prophète ﷺ :
« La tombe est la première des étapes de l’au-delà. Celui qui en est sauvé, ce qui vient après sera plus facile pour lui. Et celui qui n’en est pas sauvé, ce qui vient après sera plus dur pour lui. »
— Rapporté par At-Tirmidhi (n°2308), d’après ‘Uthman ibn ‘Affan رضي الله عنه — jugé hasan
Que se passe-t-il dans la tombe ? Le Prophète ﷺ l’a décrit : « Lorsque le serviteur est placé dans sa tombe et que ses compagnons s’en retournent, il entend le bruit de leurs sandales. Deux anges viennent à lui, le font asseoir et lui demandent : « Que disais-tu de cet homme, Muhammad ? » » (rapporté par Al-Bukhari, n°1338, d’après Anas ibn Malik رضي الله عنه). Le hadith d’al-Bara’ رضي الله عنه précise les trois questions posées :
1. « Qui est ton Seigneur ? » — Le croyant répond : « Mon Seigneur est Allah. »
2. « Quelle est ta religion ? » — Il répond : « Ma religion est l’Islam. »
3. « Qui est cet homme qui a été envoyé parmi vous ? » — Il répond : « C’est le Messager d’Allah ﷺ. »
Un appel retentit alors du ciel : « Mon serviteur a dit vrai. Étendez-lui une couche du Paradis, habillez-le du Paradis et ouvrez-lui une porte vers le Paradis. » Sa tombe est alors élargie à perte de vue. (Abu Dawud n°4753 ; Ahmad n°18534)
Une narration rapportée par At-Tirmidhi (n°1071), d’après Abu Hurayra رضي الله عنه, donne le nom de ces deux anges : Munkar et Nakir. At-Tirmidhi l’a jugée hasan gharib, et Al-Albani l’a classée hasan.
Ces questions peuvent sembler effrayantes. Mais un point essentiel les éclaire : les réponses ne s’apprennent pas par cœur la veille. Elles jaillissent de ce qu’on a vécu. Et Allah a promis d’affermir les croyants à ce moment précis :
يُثَبِّتُ اللَّهُ الَّذِينَ آمَنُوا بِالْقَوْلِ الثَّابِتِ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَفِي الْآخِرَةِ ۖ وَيُضِلُّ اللَّهُ الظَّالِمِينَ ۚ وَيَفْعَلُ اللَّهُ مَا يَشَاءُ
« Allah affermit les croyants par une parole ferme, dans la vie présente et dans l’au-delà. Et Il égare les injustes. Et Allah fait ce qu’Il veut. »
— Coran, Sourate Ibrahim (14:27)
Ce que ce verset implique concrètement : le Prophète ﷺ a lui-même relié ce verset à l’épreuve de la tombe. Il a expliqué que lorsque le croyant est assis dans sa tombe et que les anges viennent à lui, il témoigne qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah — et que c’est cela, la « parole ferme » dont parle le verset (rapporté par Al-Bukhari, n°1369, d’après al-Bara’ ibn ‘Azib رضي الله عنه). La fermeté dans la tombe est un don d’Allah, et ce don se prépare par une foi vécue dans la vie présente.
Dès la tombe, chacun perçoit aussi ce qui l’attend. Le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque l’un de vous meurt, sa place lui est présentée matin et soir. S’il est des gens du Paradis, [elle lui est montrée] parmi les gens du Paradis ; s’il est des gens du Feu, parmi les gens du Feu. » (rapporté par Al-Bukhari, n°1379, d’après ‘Abdullah ibn ‘Umar رضي الله عنهما).
⚠️ Précision sur un hadith très répandu : la parole « La tombe est un jardin parmi les jardins du Paradis, ou une fosse parmi les fosses de l’Enfer » est souvent citée comme un hadith. Elle est rapportée par At-Tirmidhi (n°2460), d’après Abu Sa’id al-Khudri رضي الله عنه, mais At-Tirmidhi lui-même l’a qualifiée de gharib, et sa chaîne est jugée très faible (elle contient notamment ‘Ubaydullah ibn al-Walid al-Wassafi et ‘Atiyya al-‘Awfi, deux narrateurs critiqués). Al-Albani l’a classée faible. Son sens est toutefois considéré comme correct par les savants, car il est appuyé par des textes authentiques — comme le hadith de Bukhari (n°1379) cité ci-dessus et celui d’al-Bara’ sur la tombe élargie et ouverte sur le Paradis. On peut donc exprimer cette idée, mais sans attribuer ces mots précis au Prophète ﷺ comme une parole établie.
4. Le Barzakh : la vie entre deux mondes
Après l’épreuve de la tombe commence la vie du Barzakh, qui dure jusqu’au Jour de la Résurrection. C’est une vie réelle, mais d’une nature différente de la nôtre : l’âme y connaît la félicité ou le tourment, et reste liée au corps d’une manière que nous ne pouvons pas percevoir. Cette réalité fait partie du ghayb, l’invisible : nous en savons ce que les textes authentiques nous en disent, sans chercher à en imaginer les détails au-delà.
Une question revient souvent chez ceux qui ont perdu un proche : peut-on encore faire quelque chose pour lui ? La réponse de l’Islam est porteuse d’une immense consolation :
« Lorsque l’homme meurt, ses œuvres s’interrompent, sauf trois : une aumône continue, une science dont on tire profit, ou un enfant vertueux qui invoque [Allah] pour lui. »
— Rapporté par Muslim (n°1631), d’après Abu Hurayra رضي الله عنه
Ce que ce hadith implique concrètement : le lien avec nos défunts ne se rompt pas. Vos invocations sincères pour un parent disparu lui parviennent. Et ce hadith est aussi un projet de vie pour chacun de nous : un puits creusé, un Coran offert, un savoir transmis, des enfants bien éduqués — autant de lumières qui continueront de briller pour nous dans le Barzakh, bien après notre départ.
5. La résurrection et le Jour du Jugement
Le Barzakh prend fin avec le souffle dans la Trompe. Le Coran décrit ce moment en deux temps : un premier souffle qui foudroie toute vie, puis un second qui relève les morts de leurs tombes.
وَنُفِخَ فِي الصُّورِ فَصَعِقَ مَن فِي السَّمَاوَاتِ وَمَن فِي الْأَرْضِ إِلَّا مَن شَاءَ اللَّهُ ۖ ثُمَّ نُفِخَ فِيهِ أُخْرَىٰ فَإِذَا هُمْ قِيَامٌ يَنظُرُونَ
« Et on soufflera dans la Trompe, et voilà que ceux qui seront dans les cieux et ceux qui seront sur la terre seront foudroyés, sauf ceux qu’Allah voudra [épargner]. Puis on y soufflera de nouveau, et les voilà debout à regarder. »
— Coran, Sourate Az-Zumar (39:68)
Commence alors le Jour du Jugement, dont le Coran et la Sunna décrivent les grandes étapes :
Le Rassemblement : toute l’humanité, des premiers aux derniers, est réunie devant son Seigneur.
Le Livre des actes : chacun reçoit le registre de ce qu’il a accompli ; rien de ce qu’il a fait n’y est oublié.
La Balance : les œuvres sont pesées avec une justice parfaite : « Au Jour de la Résurrection, Nous placerons les balances exactes. Nulle âme ne sera lésée en rien, fût-ce du poids d’un grain de moutarde que Nous ferons venir. Et Nous suffisons largement pour dresser les comptes. » (Coran, 21:47)
Le Pont (as-Sirat) : un pont est dressé au-dessus de l’Enfer, et le Prophète ﷺ a annoncé qu’il serait le premier des messagers à le traverser avec sa communauté (rapporté par Al-Bukhari, n°806, d’après Abu Hurayra رضي الله عنه).
La demeure finale : le Paradis, par la miséricorde d’Allah, ou le Feu, par Sa justice.
Ces descriptions ne sont pas là pour terroriser. Elles rappellent que chaque acte compte, même le plus petit, et que la justice d’Allah est parfaite : personne ne sera lésé, pas même du poids d’un grain de moutarde. Pour celui qui s’efforce, c’est une source de paix : aucun effort sincère ne sera perdu.
6. Penser à la mort avec espérance
Tout ce qui précède pourrait laisser une impression de crainte. Mais la Sunna nous demande explicitement d’aborder la mort avec une autre disposition du cœur. Trois jours avant sa propre mort, le Prophète ﷺ a laissé cette recommandation :
« Que nul d’entre vous ne meure sans avoir une bonne opinion d’Allah. »
— Rapporté par Muslim (n°2877), d’après Jabir ibn ‘Abdillah رضي الله عنهما
Ce que ce hadith implique concrètement : le croyant qui s’approche de la mort ne doit pas être écrasé par la peur de ses fautes. Il doit se tourner vers Allah en espérant Sa miséricorde, qui est plus vaste que tous les péchés. La crainte est utile pour agir tant qu’on est en bonne santé ; l’espérance est ce qui doit dominer au moment de partir. Et il n’est jamais trop tard pour revenir à Allah : notre article sur le repentir (tawbah) explique comment.
قُلْ يَا عِبَادِيَ الَّذِينَ أَسْرَفُوا عَلَىٰ أَنفُسِهِمْ لَا تَقْنَطُوا مِن رَّحْمَةِ اللَّهِ ۚ إِنَّ اللَّهَ يَغْفِرُ الذُّنُوبَ جَمِيعًا ۚ إِنَّهُ هُوَ الْغَفُورُ الرَّحِيمُ
« Dis : « Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux. » »
— Coran, Sourate Az-Zumar (39:53)
Pour le croyant, la mort est aussi la fin des épreuves de ce monde et le début de la rencontre avec Celui qu’il a adoré sans Le voir. Ceux que nous avons aimés et perdus dans la foi, nous espérons les retrouver, par la miséricorde d’Allah, dans une demeure où il n’y a plus ni séparation ni tristesse.
🤍 Si vous traversez un deuil : la tristesse n’est pas un manque de foi. Lorsque son fils Ibrahim mourut, le Prophète ﷺ pleura et dit : « Les yeux versent des larmes, le cœur s’attriste, et nous ne disons que ce qui agrée notre Seigneur. Nous sommes certes attristés par ta séparation, ô Ibrahim. » (rapporté par Al-Bukhari, n°1303, d’après Anas ibn Malik رضي الله عنه). Pleurer est permis ; ce qui est interdit, ce sont les gestes de désespoir et les paroles de révolte contre le décret d’Allah. Et si la douleur devient trop lourde à porter, n’hésitez pas à en parler à un proche, à un imam de confiance ou à un professionnel de l’accompagnement du deuil : chercher de l’aide fait aussi partie des moyens qu’Allah a mis à notre disposition.
7. Comment se préparer concrètement
Se souvenir de la mort n’a de sens que s’il transforme notre manière de vivre. Voici quelques pistes simples, tirées des textes évoqués dans cet article :
✅ Préserver la prière : elle est le pilier qui structure la vie du croyant et la première œuvre sur laquelle il sera interrogé.
✅ Habituer sa langue au dhikr : pour que « Lâ ilâha illa Allâh » soit une parole familière, et, si Allah le veut, la dernière.
✅ Se repentir sans attendre : la mort ne prévient pas. Chaque jour est une occasion de revenir à Allah.
✅ Régler ses droits envers les autres : rembourser ses dettes, demander pardon à ceux qu’on a blessés, rédiger son testament.
✅ Investir dans ce qui dure : une aumône continue, un savoir utile transmis, des enfants éduqués dans la foi (Muslim n°1631).
✅ Cultiver une bonne opinion d’Allah : espérer Sa miséricorde, aujourd’hui comme au dernier jour (Muslim n°2877).
Votre compagnon de foi, au quotidien
Coran, invocations, hadiths vérifiés et rappels : retrouvez tout gratuitement sur la plateforme et l’application Horizons Islamiques.
Questions fréquentes
Que se passe-t-il juste après la mort en Islam ?
Selon le hadith d’al-Bara’ ibn ‘Azib (Ahmad n°18534, Abu Dawud n°4753, authentifié par Al-Albani), l’âme du croyant est saisie avec douceur par l’ange de la mort, accompagnée par des anges au visage lumineux, élevée à travers les cieux, puis ramenée pour l’épreuve de la tombe. Commence ensuite la vie du Barzakh, qui dure jusqu’au Jour de la Résurrection. Ces réalités relèvent de l’invisible (ghayb) : on s’en tient à ce que décrivent les textes authentiques.
Quelles sont les trois questions de la tombe ?
Deux anges font asseoir le défunt et lui demandent : « Qui est ton Seigneur ? », « Quelle est ta religion ? » et « Qui est cet homme qui a été envoyé parmi vous ? ». Le croyant répond : « Mon Seigneur est Allah, ma religion est l’Islam, et c’est le Messager d’Allah ﷺ. » Ces questions sont rapportées dans le hadith d’al-Bara’ (Abu Dawud n°4753) et dans Sahih Al-Bukhari (n°1338). Une narration d’At-Tirmidhi (n°1071), jugée hasan, nomme ces anges Munkar et Nakir.
« La tombe est un jardin du Paradis ou une fosse de l'Enfer » : est-ce un hadith authentique ?
Cette parole est rapportée par At-Tirmidhi (n°2460), qui l’a lui-même qualifiée de gharib. Sa chaîne est jugée très faible, et Al-Albani l’a classée faible. Son sens est toutefois considéré comme correct, car il est confirmé par des textes authentiques : le défunt voit sa place au Paradis ou en Enfer matin et soir (Al-Bukhari n°1379), et la tombe du croyant est élargie et ouverte sur le Paradis (hadith d’al-Bara’). On peut exprimer l’idée, sans attribuer ces mots exacts au Prophète ﷺ.
Qu'est-ce que le Barzakh ?
Le Barzakh est l’étape intermédiaire entre la mort et la résurrection. Le Coran le mentionne explicitement : « Derrière eux, cependant, il y a une barrière (barzakh), jusqu’au jour où ils seront ressuscités » (23:100). C’est une vie réelle, où l’âme connaît la félicité ou le tourment, mais d’une nature différente de la vie d’ici-bas. Nous n’en connaissons que ce que les textes authentiques nous en disent.
Nos invocations profitent-elles aux défunts ?
Oui. Le Prophète ﷺ a dit que lorsque l’homme meurt, ses œuvres s’interrompent sauf trois, dont « un enfant vertueux qui invoque [Allah] pour lui » (Muslim n°1631). La prière funéraire elle-même est une invocation collective pour le défunt. Invoquer Allah pour ses parents et ses proches disparus, lui demander de leur pardonner et de leur faire miséricorde, est donc l’un des plus beaux liens que l’on puisse garder avec eux.
Est-il permis de pleurer un défunt en Islam ?
Oui. Le Prophète ﷺ lui-même a pleuré à la mort de son fils Ibrahim, en disant : « Les yeux versent des larmes, le cœur s’attriste, et nous ne disons que ce qui agrée notre Seigneur » (Al-Bukhari n°1303). Ce qui est interdit, ce sont les manifestations de désespoir : se frapper le visage, déchirer ses vêtements ou tenir les propos de l’époque préislamique (Al-Bukhari n°1294). La tristesse est humaine ; la révolte contre le décret d’Allah ne l’est pas pour le croyant.
Sources et références
Coran (traduction de Muhammad Hamidullah) :
Sourate Al-‘Imran (3:185) — « Toute âme goûtera la mort »
Sourate Al-Mu’minun (23:99-100) — Le regret au moment de la mort et le Barzakh
Sourate Ibrahim (14:27) — Allah affermit les croyants par une parole ferme
Sourate Az-Zumar (39:68) — Les deux souffles dans la Trompe
Sourate Al-Anbiya (21:47) — Les balances exactes du Jour de la Résurrection
Sourate Az-Zumar (39:53) — « Ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah »
Hadiths :
Musnad Ahmad (n°18534) et Sunan Abi Dawud (n°4753) — Hadith d’al-Bara’ ibn ‘Azib رضي الله عنه sur le départ de l’âme et l’épreuve de la tombe — authentifié par Al-Albani (Sahih al-Jami’ n°1676)
Sahih Muslim (n°916) — « Faites dire à vos mourants : Lâ ilâha illa Allâh » (d’après Abu Sa’id al-Khudri رضي الله عنه)
Sunan Abi Dawud (n°3116) — « Celui dont les dernières paroles sont Lâ ilâha illa Allâh entrera au Paradis » (d’après Mu’adh ibn Jabal رضي الله عنه) — authentifié par Al-Albani
Jami’ at-Tirmidhi (n°2308) — « La tombe est la première des étapes de l’au-delà » (d’après ‘Uthman ibn ‘Affan رضي الله عنه) — hasan
Sahih Al-Bukhari (n°1338) — Le défunt entend le bruit des sandales ; les deux anges l’interrogent (d’après Anas ibn Malik رضي الله عنه)
Jami’ at-Tirmidhi (n°1071) — Les anges Munkar et Nakir (d’après Abu Hurayra رضي الله عنه) — hasan gharib selon At-Tirmidhi, hasan selon Al-Albani
Sahih Al-Bukhari (n°1369) — La « parole ferme » (14:27) et l’épreuve de la tombe (d’après al-Bara’ ibn ‘Azib رضي الله عنه)
Sahih Al-Bukhari (n°1379) — La place du défunt lui est présentée matin et soir (d’après ‘Abdullah ibn ‘Umar رضي الله عنهما)
Jami’ at-Tirmidhi (n°2460) — « La tombe est un jardin parmi les jardins du Paradis… » (d’après Abu Sa’id al-Khudri رضي الله عنه) — gharib selon At-Tirmidhi, chaîne très faible, faible selon Al-Albani ; sens appuyé par d’autres textes authentiques
Sahih Muslim (n°1631) — Les trois œuvres qui se poursuivent après la mort (d’après Abu Hurayra رضي الله عنه)
Sahih Al-Bukhari (n°806) — Le Pont (as-Sirat) dressé au-dessus de l’Enfer (d’après Abu Hurayra رضي الله عنه)
Sahih Muslim (n°2877) — « Que nul d’entre vous ne meure sans avoir une bonne opinion d’Allah » (d’après Jabir ibn ‘Abdillah رضي الله عنهما)
Sahih Al-Bukhari (n°1303) — Les larmes du Prophète ﷺ à la mort de son fils Ibrahim (d’après Anas ibn Malik رضي الله عنه)
Sahih Al-Bukhari (n°1294) — L’interdiction des gestes de désespoir face à la mort (d’après ‘Abdullah ibn Mas’ud رضي الله عنه)
Références complémentaires :
Ibn al-Qayyim, Ar-Ruh — Sur l’état des âmes après la mort et le hadith d’al-Bara’
Al-Albani, Sahih al-Jami’ as-Saghir et Ahkam al-Jana’iz — Authentification des hadiths sur la mort et la tombe
Note : les réalités de la tombe, du Barzakh et de l’au-delà relèvent de l’invisible (ghayb). Cet article s’en tient à ce que rapportent le Coran et les hadiths authentiques, sans spéculer sur leurs modalités exactes. Les récits longs (comme le hadith d’al-Bara’) sont présentés sous forme de résumé fidèle.
Explorez Horizons Islamiques
Accédez au Coran, aux hadiths, aux invocations authentiques et à nos outils islamiques — disponible gratuitement sur iOS et Android.
